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Planche sur les arbres

Mais chez nous on dit une "Buche"...

Article mis en ligne le 20 août 2012
dernière modification le 27 février 2014
par Caro Leroy, Patrick LEROY
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PAT

Au temps jadis, bien avant que l’homme n’apparaisse sur la terre, un arbre géant s’élevait jusqu’aux cieux. Considéré comme l’axe de l’univers, il traversait les trois mondes. Avec ses racines s’enfonçant profondément dans le sol et sa ramure s’élevant dans le ciel, il apparaissait tel un trait d’union entre ciel et terre, entre les dieux et les hommes, entre l’invisible et le visible, entre le chaos primordial et la connaissance.
Cet arbre sacré, cet axe du monde se retrouvait dans presque toutes les traditions, d’un bout à l’autre de notre planète. Qu’il fut considéré comme l’arbre cosmique, l’arbre de la connaissance ou l’arbre de vie, chaque civilisation le respectait, le vénérait à travers des mythes propres à la région dont elle était issue.

Les dieux en ont fait le lieu de leur séjour et il devint source de spiritualité. L’arbre enseigne il est vrai l’équilibre des choses. Il ne peut être aussi majestueux que son réseau de racines sous terre le lui permet. Alternance et complémentarité de la lumière et des ténèbres.
A un système cosmique complexe et articulé fondé sur la diversité, la complémentarité mutuelle propre au paganisme, succéda parmi les hommes un monothéisme dogmatique, intolérant et manichéen. Au nom du bien et du mal, l’âme fut séparée du corps, et l’homme fut séparé de la nature. L’âme appartenant à dieu, le corps et la nature devenaient des instruments diaboliques. Ils se trouvèrent réprouvés. Les forêts deviennent hantées de mauvais esprits et de sorcières maléfiques.

L’humanité s’est alors développée à côté de la nature donnant naissance aux premiers courants anthropocentriques. Hormis l’homme, les autres composants de la nature sont remis au rang d’objets. Et l’homme en détruisant la nature, commença à se détruire lui-même.
Tout prédispose pourtant l’arbre et l’homme à ce qu’ils créent une relation profonde.

La station verticale de l’arbre, qui est celle des êtres humains, facilite le transit de la sève. Elle est comparée au lait, symbole de fertilité tout comme le fait de porter des fruits dans ces branches, qui est plutôt un attribut féminin de la création dans la plupart des traditions. Freud voit dans l’arbre un symbole phallique et assimile la sève au sperme.

Un homme osa à nouveau s’aventurer dans la forêt, il redécouvrit sa propre maison, il redécouvrit des fontaines de vie. Posant le front sur un tronc d’arbre, l’enlaçant de ses bras bien trop petits, il sentit la vie, avec humilité leva la tête et observa ce géant majestueux et un besoin incontrôlable de lui parler le surprit :
Arbre, c’est tellement bienfaisant de te côtoyer pour partager cette énergie. Apprends-moi, qui es-tu ?

CARO

Nous, les arbres, nous avons développé depuis toujours une sensibilité extrême à l’énergie cosmique et tellurique. Nous transformons ces flux qui nous traversent en énergie et nous la distribuons. C’est là notre contribution essentielle au bien être de la terre. Plutôt que de me regarder comme un simple objet culturel regarde-moi comme un symbole doué d’une grande puissance bénéfique, comme un être vivant.
De tout temps, le bois de mon tronc, de mes branches, a été le matériau par excellence, facile à travailler, capable de rendre d’innombrables services.
Sais-tu que le bois du chêne était le matériau le plus recherché ? L’homme a construit les charpente des cathédrales et des châteaux, il en a fait un usage stratégique comme la construction de navires de guerre, de navires marchands et mêmes des barriques qui offrent au grand vin les parfums les plus délicieux. Il ne faut pas oublier qu’à l’abri de mes racines, les truffes croissent pour le plaisir des palais les plus fins.
Symbole de virilité dans son épanouissement et sa majesté, le chêne était l’arbre des dieux qui rendaient la justice. Par ses branches et ses feuilles ils donnaient les oracles, sa ramure servait de toit au tribunal des rois. Chez les Romains, une couronne de chêne récompensait la bravoure d’un soldat ou d’un citoyen, sans oublier qu’au XIXème siècle, toute transaction, tout contrat conclu, même oralement, au pied du chêne avait valeur d’acte notarié.
Sais-tu aussi, homme, que dans bon nombre de traditions, l’arbre est dénommé le "père du feu". Si tu frottes l’un contre l’autre des fragments de branches sèches, seule façon pendant de nombreuses années de faire naître une flamme, cela engendre le feu. Et de ce feu naît la lumière, qui chasse les ténèbres et la nuit.
Les branches du bouleau font d’excellentes torches car elles produisent de grandes flammes claires. Dans les rites celtes, germaniques ou slaves, le bouleau a un rapport avec la renaissance du soleil. Il est l’invité d’honneur de la chandeleur.
Les lampes à huile ont ensuite remplacé les torches. L’ olivier en a fourni l’huile. Le rameau d’olivier symbolise la paix, la réconciliation, la fécondité de l’homme.
Le sapin, le pin, le peuplier furent souvent utilisés pour fabriquer le papier, support courant de la connaissance et du savoir. Certaines résines de conifères procurent les parfums, les aromates, les encens raffinés.
La nourriture principale des hommes primitifs était constituée des fruits de l’arbre et des akènes qui, moulues fraiches, donnèrent du pain bien avant que l’homme ne cultivât les céréales.
Et l’arbre abrite encore des milliers d’êtres vivants et les nourrit.
Mais il témoigne de l’irréparable outrage du temps : cime foudroyée, ramure déchirée mais aussi outrage dus à la bêtise des hommes.

PAT

Bien sûr, tu étais un modèle de sagesse, d’harmonie, de compréhension, tu inspirais le respect, c’est pour cela que tu étais sacré. Mais nous avons perdu ta confiance parce que nous avons gâché le respect mutuel. Nous avons rompu avec notre mère nourricière.

CARO

Oui, tu as raison regarde ce que tu as fait de nous !!
pour édifier un projet de grand route transamazonienne, tu as opéré un tel défrichement que les biologistes les plus éminents ont démontré l’inanité d’un tel travail puisque le terrain dénudé devient aussitôt stérile alors que la forêt est le poumon de la planète.
D’autres régions boisées ont été entièrement ruinées par la transhumance des troupeaux. Et puis cette société de consommation à outrance a pris le relais du déboisement pour la fabrication inconsidérée de papier en tout genre qui le plus souvent aboutissent dans la déchiqueteuse.
Oh oui, pour te donner bonne conscience, tu as imaginé les parcs et réserves naturelles. Bois et forêt sont reconstitués, mais il n’y a plus rien de sacré. Tu prétends même protéger la nature mais contre qui sinon de toi-même !!
Bien évidemment, les parts sont inégales, les réserves restent des espaces restreints que tu vends au tourisme de masse.
Veux-tu que je continue à exprimer le désastre ?

PAT

Tu m’ouvres les yeux, il est grand temps, sinon trop tard pour réagir.
J’essaie de trouver des moyens alternatifs à l’abattage des arbres, je récupère, je recycle la plupart des matériaux. Dans certaines régions, des coopératives tentent de reboiser des parcelles de terrains et par là enrichissent la terre avec des engrais biologiques qui n’altéreront pas tes racines et la végétation avoisinantes.
Mais certes, tout cela reste bien insuffisant pour réparer ce que notre folie a détruit.

CARO

Alors écoute-moi !
Dans certaines civilisations, on plante un arbre à la naissance d’une enfant pour lui offrir un ami pour la vie. L’enfant et l’arbre ont les mêmes racines dans la terre meuble où sont enfouis les secrets des chamans, des vers de terre et de la pluie. L’enfant peut enserrer son tronc, se blottir tout contre son écorce, rechercher son ombre protectrice, lui confier ses soucis, cacher un trésor près de ses racines.
Un arbre de ment jamais, c’est ce qui nous distingue de vous, car pour le reste, il est aussi fragile et son écorce porte autant de cicatrices que le coeur des humains.
L’enfant ne sera jamais seul avec son arbre. Il arrivera même qu’il lui souffle les réponses au plus creux de ses jours.
Offrir un arbre à défendre contre la bêtises des hommes, contre ta bêtise, à partager avec les abeilles et avec la gourmandise de ses amis, c’est le plus beau cadeau d’anniversaire que l’on puisse faire à un enfant et à la nature.

Nous avons dit, cousin maître

Caroline et Patrick L.

J’ai été en prison et vous m’avez libéré. Bonne Vie ! A l’Avantage !

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