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Symbole de la Double Hache
En relation avec les Bons Cousins Fendeurs Forestiers
Article mis en ligne le 25 avril 2015
dernière modification le 20 février 2017
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Diable ou symbole ont la même racine étymologique, à une petite différence près, qui est en fait décisive pour que ces deux noms soient antinomiques. En effet, l’un et l’autre sont construits avec le verbe grec « ballô » : jeter, lancer dans le sens d’émettre, de déclencher mais le tout est de savoir comment. Dans le cas du mot symbole (symboles) le préfixe sym dont la définition est : avec, ensemble : c’est-à-dire que l’on émet avec harmonie tandis qu’avec le diable, le préfixe dia dont la définition est à travers mais aussi la séparation, donc on jette, on émet en travers d’où l’idée de transmettre de mauvaise façon.

Dès l’origine des civilisations, l’homme a utilisé le symbole pour transmettre aux autres hommes les connaissances qu’il avait lui-même hérité. Le symbole permet de transmettre avec harmonie la mémoire spirituelle de l’humanité.

La double hache fait partie des grands symboles spirituels de l’humanité. Les plus anciennes représentations connues ont été découvertes sur le site d’Arpachaiya, près de Mossoul en Irak dans les niveaux de la culture mésopotamienne dite « halafienne » qui remonte au 5ème, 4ème millénaire avant notre ère. Des doubles haches soit en miniature soit représentées sur des vases ont été inventoriées. Nous savons que l’époux de la grande déesse D’Arinna, la déesse du soleil, est le dieu de l’orage appelé Tarhund chez les Hittites, Datta chez les Louvites ; il est le même que le Tesub (Techoub) des Hourrites. Ces divinités souvent debout sur un taureau brandissent à la main une double hache, elles s’en servent pour fracasser les nuages, déclenchant les orages qui provoquent la pluie indispensable aux cultures et aux pâturages. Cest une figure semblable de dieu de l’orage qui est devenu le Zeus Stratios de Labranda dont la double hache est le symbole. Nous en reparlerons plus loin pour expliquer l’étymologie de la double hache.

C’est aussi l’emblème d’Haddad dieu Sémite de la foudre ouvrant avec sa double hache les réservoirs du firmament pour faire tomber la pluie en fendant les arbres géants de la forêt. Dans ces régions la double hache est toujours le symbole de l’éclair 1 du feu donc de la lumière mais aussi de la fertilité.

Restons sur les rives de la Méditerranée en Phenicie c’est-à-dire le Liban actuel et suivons Zeus transformé en taureau enlevant Europe fille d’Agenor roi de Phenicie. Nous arrivons vite sur la plage d’une baie naturelle en Crête, Matala où il est toujours agréable un soir d’été assis dans un des restaurants bâtis sur pilotis, d’admirer le soleil avalé par la mer de Lybie tout en sirotant un Ouzo avec quelques tranches de concombre-salé de la féta et quelques olives. La falaise côté nord ressemble à un gruyère, les romains creusèrent la falaise pour en faire un cimetière et sur le côté sud on peut toujours deviner un port. Nous sommes sur l’un des trois ports de Phaïtos situé à quelques kilomètres de là. Cet immense temple palais domine la riche plaine de la Messana, avec ses oliviers, citronniers, orangers, qu’arrose le Ieropatomus (le fleuve sacré) que l’on peut voir des terrasses du palais. Des dizaines de signes mystérieux dont la double hache sont gravés sur les murs de ce palais. Ces inscriptions n’étaient pas visibles lors de l’existence il y a 35 siècles de Phaïtos, car à l’époque ils étaient recouverts de stuc. Faut-il y voir les plus vieilles marques compagnonniques connues ?

Eh, Eh, Eh Phaïtos, Ephàitos, le jeu de mot est facile, Ephàitos c’est le vulcain romain, le patron des bons cousins forgerons et dieu de la métallurgie. Armé de la dpuble hache celui-ci va à la demande de Zeus fendre le crâne de ce dernier pour que puisse s’en échapper, alors qu’elle y était enfermée, la déesse Athéna qui représente la sagesse. La double hache permet de découvrir la sagesse.

A trois kilomètres de Phàitos le long d’une route où pousse la mandragore à travers le thym, le fenouil, la sauge, voila le site de Haghia Triada, ruine d’une villa minoenne. Un sarcophage y fut découvert datant des environs de 1400 avant notre ère. En pierre unique, les parois sont peintes de scènes qui révèlent les conceptions des Minoens sur leur religion et leur conception de la vie de l’au-delà.

On peut y découvrir un vase à libations entre deux colonnes similaires, sauf que la base de l’une est carrée, l’autre étant ronde, elles-mêmes surmontées par la double hache dominée par un oiseau. J’y vois un Phénix. La colonne est le soutien du ciel, terrestre en sa base, céleste en son chapiteau. Rien ne peut se construire sans la terre, sans la matière, mère de toutes les formes. Rien ne peut monter vers le ciel s’il n’est enraciné dans la nature. La colonne à base carrée représente la puissance masculine tandis que celle à base ronde représente la finesse féminine. La divinité sacrée est représentée par le chapiteau consacré au culte du feu de la double hache, cet ensemble si l’on en croit Charbonneau Lassay est lié au symbolisme de l’esprit divin. Il se manifesta à la Pentecôte sous la forme de langue de feu. Le Phénix couronnant le tout c’est la renaissance, la résurrection, l’éternité. Nous somme ici en plein symbolisme Palingenesie lié aux mystères grecs et plus particulièrement à ceux d’Eleusis.

Toujours à Agia Triada, une cruche à bec, du 15ème siècle avant notre ère possède comme décor des doubles haches combinées avec le nœud sacré : cette figure c’est l’Ankh, la Croix de Vie ......... pas de commentaires !

Autre symbole souvent figuré la double hache entourée d’une bandelette portant des cordons destinés à être noués « Glotz y voit un emblème de hiérogamie, de mariage sacré ». J’y vois en réalité l’instrument symbolique procurant la connaissance, la lumière. Il est dit dans l’un de nos chants des fendeurs « Point de bandeau, tout est lumière pour un bon briquet fendeur ». La lumière ne vient pas en se recouvrant les yeux, nous sommes liés par les mystères de Samothrace. Une fois introduit dans le sanctuaire, le Myste avant d’être admis à l’initiation devait s’attacher autour des reins une ceinture couleur pourpre. Suivant la note d’Apollonius de Rhodes « et l’on rapporte qu’Ulysse, initié dans la Samothrace, se servit d’une bandelette de tête au lieu d’une ceinture, et qu’il fut sauvé des vagues de la mer, après avoir placé sa bandelette sous le ventre. Cest autour du ventre, qu’en effet que ceux qui se font initier s’attachent des ceintures de pourpre ». En Asie du sud-est pour au moins une société initiatique le bandeau se porte sur la tête au niveau du front puis comme ceinture. Comme pour les Kamikases japonais le bandeau sur la tête permet le passage dans un autre monde.

Au cœur de la Crête à Arkalochori une trouvaille de plusieurs doubles haches dont une d’or, une d’argent et une de bronze gravées. Si sur celles d’or et d’argent l’inscription gravée est identique certainement linéaire a, celle de bronze possède deux lettres y que nous retrouvons sur des ascias de la région lyonnaise, l’y c’est l’upsilon sacré des pythagoriciens ; les deux voies que l’y propose à l’humanité. La double hache se trouve aussi liée avec le bucarne, c’està-dire placé entre les cornes et au dessus du crâne du taureau. Le graphisme est identique à celui de Cernunnos, le grand cerf ayant la rune de la plénitude transformé par l’église catholique en légende de St Hubert ; Paul Lecour y voit l’accès à la connaissance par le sacrifice.

Curieuse aussi la médaille de Lycie, une vierge mère sur un arbre avec les deux cabires au pied de celui-ci levant la double hache. Provenant certainement du mystère le plus discret, celui de Samothrace dont la mort cabire est l’un des secrets. L’arbre fait le lien entre la terre et le ciel, l’arbre devient la colonne. Cette colonne puise une partie de sa nourriture par ses racines tandis qu’elle reçoit les principes de vie par le ciel, grâce à la Vierge mère liée au soleil.

Cette double hache nous la retrouvons partout : en Gaule à Locmariquer, je pense l’avoir trouvée en Italie au Valcamonica, en Scandinavie où elle est entre les mains du dieu Thor mais aussi en Angleterre, en Germanie, à Chypre, aux U.S.A., au Mexique, en Egypte à Hierakoupolis, à Abydos où l’on a trouvé des mentions datant de la 5ème dynastie, concernant les « Khet prêtres de la double hache » et aux Indes lors du 7ème avatar de Vishnu, lorsque celui-ci est nommé Paraçu Rama c’est-à-dire Rama la double hache. Transformation qui l’aide à lutter contre les titans révoltés contre l’ordre divin. Des douze travaux d’Héraklès, Hercule chez les romains, la 7ème épreuve est la capture du Minotaure simple hasard ou pérennité du symbole.... Curieux n’est ce pas....

Evens a émis l’hypothèse que le labyrinthe était par son étymologie le palais de la double hache. L’un des noms de la double hache est Labrys mot d’origine de la ville carienne de Labranda où se trouvait le culte de Zeus Stratios. Plutarque nous apprend que la statue du Zeus tenait à la mai n une double hache ; il précise que Labra signifie hache en lydien ainsi Labranda serait-il le lieu de la hache. Le labyrinthe devient le lieu ou le palais de la double hache. La double hache est appelée parfait bipenne c’est-à-dire aile double.

La double hache peut être aussi la double tetratkys dont le 1 est le point de symétrie ; il n’y a pas 20 points mais 19 points et 7 lignes. La 19ème lame du tarot est le soleil.

La double hache est l’instrument, car elle n’est jamais un signe de guerre, qui permet l’accession des connaissances supérieures, car, maniée par celui qui en comprend le sens elle permet de pénétrer dans la forêt des symboles et de nous aider par la création de la foudre à connaître le feu celui qui nous apporte la lumière, la sagesse et la connaissance.

En septembre 1935 Paul Lecour écrivait dans Atlantis :

« Mussolini a choisi pour emblème le faisceau. Ce faisceau est composé de roseaux liés généralement autour de la double hache, qui représente la connaissance des lois et qui est, en réalité, le symbole d’Aor-Agni comme le Chrisme dont elle dérive. Mussolini en prenant la hache simple comme emblème du fascisme et en l’associant à l’idée de force a pris seulement le symbole d’Agni. On voit donc que cet emblème, de même que celui choisi par Hitler n’est point différent. Ces symboles portent en eux les dynamismes mis jadis par ceux qui les créèrent. Mais ces dynamismes sont dangereux entre les mains d’hommes guidés par les enseignements erronés de l’occultisme, ce « fléau du monde ».
Je ne voudrais pas être à la place de Mussolini. »
Nous remarquons bien ici avec le symbolisme de la double hache la limite entre les mots diable et symbole.

Luc C. 14 mars 2010


J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger. Bonne Vie ! A l’Avantage !

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