Bandeau
Les Rogers Bontemps
Slogan du site
Descriptif du site
L’ABEILLE DANS LE TEMPS ET DANS L’ESPACE
Article mis en ligne le 15 janvier 2017
dernière modification le 20 février 2017
logo imprimer
Enregistrer au format PDF
Licence : CC by-nc-sa

Le temps

Un peu d’histoire
Que la lumière soit et la lumière fut !
C’était il y a environ 13,5 milliards d’années, notre univers était né, seul ou au sein d’un multivers Dieu seul le sait (pour l’instant).
Puis 7 milliards d’années plus tard c’est à dire il y a environ 4.6 milliards d’années, dans notre galaxie il y avait un tout petit coin où régnait le chaos.
Un chaos constitué de gaz, de roches, d’eau tourbillonnant et qui se sont agglomérés grâce aux forces de gravité et ont constitué notre système solaire et notre planète : la terre.
Enfin, après bien des péripéties, bombardements, collisions (ex :-4.4 md années avec une proto planète : Théia dont la lune serait le sous-produit), il y a environ 3.8 milliards d’années il apparait dans l’eau, qui recouvre la terre, des bactéries monocellulaires.
300 millions d’années plus tard certaines de ses bactéries se regroupent et forment les stromatolithes qui commencent à libérer de l’oxygène.
La vie était en route et malgré 5 extinctions massives causées par des impacts, des glaciations, des éruptions volcaniques titanesques, et dont le taux de réussite varie entre 65% (celle de dinosaures) et 95%, elle continue.
Ci dessous tableau synthétique des ères géologiques

Et l’abeille ?


Qui est-elle ?
L’abeille fait partie de l’ordre des insectes sociaux "Hyménoptères" du grec Hymen : membrane et Pteron : l’aile

Les hyménoptères se développent sur notre planète il y a environ 120 Ma. suivant parallèlement l’apparition des premières plantes à fleurs (les angiospermes : « boites à graines ») qui débutent leur évolution vers -140 Ma., c’est l’ère du Crétacé.
Vers -100 Ma. apparition des superfamilles, dont les Apoïdes, abeilles qui ont toutes alors un comportement solitaire, et qui sont les plus lointains ancêtres de notre abeille.
Le fossile le plus ancien découvert à ce jour (New Jersey, Etats-Unis d’Amérique) est daté de -96 Ma., (Crétacé, les dinosaures sont encore là pour 30 M années), il s’agit d’une abeille tropicale dépourvue de dard, qui fait partie de la famille des Apidae supérieurs.
Ces premières abeilles bénéficient d’un climat tropical favorable à leur évolution.
Elles se sociabilisent durant cette longue période et développent alors très probablement les techniques de construction de rayons.
Elles doivent alors tout simplement suspendre leur couvain à une branche.
Elles sont présentes sur toute la surface du globe, et continuent d’évoluer au rythme de celui des fleurs, cela durant toute la période du Crétacé qui prend fin vers -65 Ma.
Notre abeille telle qu’on la connaît actuellement est équipée d’un aiguillon.
C’est la découverte en mer Baltique d’un morceau d’ambre daté de -50Ma et renfermant l’une d’entre elles, qui permet d’affirmer l’existence de son ancêtre Apis Mellifera équipée d’un dard, apparue au cours de l’Eocène inférieur (-55Ma à -48Ma)

Les premiers fossiles du genre Apis sont plus récents et datent de l’Eocène moyen de -48Ma à -37Ma.
Au début de l’Oligocène (-34Ma à -23 Ma) le climat se refroidit d’une manière générale.
Ce climat oblige nos abeilles à migrer et se réfugier plus au sud, en Asie.
On pense que c’est durant cette période de repli en Asie Méridionale dans les régions Himalayennes, qu’Apis Mellifera/cerana apprend à abriter son couvain dans les cavités naturelles, c’est une évolution radicale qui lui permettra d’étendre plus tard son expansion durant le Miocène qui suit.
La période de réchauffement du Miocène inférieur de -23 Ma à -15Ma. permet à l’abeille de reconquérir des régions (comme l’Europe qu’elle avait dû abandonner) qui redeviennent progressivement plus propices et tempérées.
Elles évoluent selon les régions et les climats et on peut alors parler de tribus.
Ce sont des fossiles de cette période, retrouvés en Allemagne et à Aix-en-Provence, qui confirment son retour dans nos régions.

Répartition

Le Miocène touche à sa fin nous sommes à -5Ma.
Le Pliocène débute, alors Apis Mellifera originaire de l’Asie méridionale profite des dernières conditions climatiques favorables et se développe vers l’ouest en Asie mineure jusqu’aux Balkans puis dans les régions de la Méditerranée, vers le sud en péninsule Arabique et traverse le continent jusqu’en Afrique du Sud.(lignées M, C et A, carte ci-contre)
Cette abeille ancestrale, venue d’orient aurait donné naissance à trois groupements de sous-espèces, ou « lignées »
1. la lignée africaine (lignée A) inclue tous les types correspondant aux sous-espèces intermissa, major, sahariensis, adansonii, scutellata, littorea, capensis et monticola.
2. la lignée ouest-méditerranéenne (lignée M) correspond aux colonies de Apis mellifera mellifera et Apis mellifera iberica, (très proche génétiquement l’une de l’autre et que l’on confond sous le nom commun d’abeille noire.
3. la lignée nord-méditerranéenne (lignée C) inclut les sous-espèces caucasica, ligustica, cecropia, macedonica, oucarnica.
Il y a donc trois grandes nappes, l’une peuplant l’Europe par le nord en passant au nord de la mer Caspienne, de la mer Noire, des Carpates et contournant les Alpes, l’autre longeant le nord de la Méditerranée et la troisième colonisant l’Afrique.
Ces événements se seraient produit entre -300000 et -1300000 ans, soit bien avant la dernière glaciation (-10000 ans).
Une fois séparées par la distance ou les obstacles naturels, les trois populations ont ensuite subit les glaciations du quaternaire et divergé progressivement pour donner l’ensemble des races connues aujourd’hui.

Mais en Europe de nouvelles périodes glaciaires s’installent à partir du Pléistocène qui débute il y a -2 Ma.,
Les zones nord au-delà de l’Angleterre sont inhospitalières recouvertes par l’inlandsis (calotte polaire) ce qui oblige Apis Mellifèra à se réfugier plus au sud tout autour du bassin méditerranéen.
Des analyses ADN révèlent qu’Apis Mellifera Mellifera ( l’abeille noire) se sépare des autres sous-espèces d’abeilles entre -1 Ma et -500.000 ans, mais qu’elle vit tout de même en bordure sud de l’Europe et survit là aux glaciations jusque vers la fin du pléistocène ( début du quaternaire = âge de la pierre taillée).
C’est la survie de certaines souches d’Apis Mellifera dans nos régions, qui explique qu’actuellement les abeilles de notre hexagone présentent plus de variété génétique que celles d’autres régions et confirme sa spécificité génétique au sein de cette sous-espèce.
Durant l’Holocène qui débute vers -14.000 ans, un réchauffement postglaciaire débute en Europe, une végétation nouvelle et diversifiée s’étoffe et des forêts s’installent.
Apis Mellifera qui s’était réfugiée au Nord de l’Afrique, reprend alors un rythme migratoire, essaimant, et formant ainsi de nouvelles lignées.
Vers le sud jusqu’au Cap Sud-Africain c’est la lignée A, vers l’Est au Moyen-Orient et l’Europe de l’Est par la péninsule arabique les lignées C et O (variétés Italienne, Carnolienne et Caucasienne), vers l’Ouest et le Nord à travers le Sahara, elle poursuit sa course et arrive en péninsule ibérique et franchie la barrière des Pyrénées.
Les colonies d’Afrique du Nord se croisent donc avec celles qui avaient survécus confinées au sud de l’Europe.

De nos jours, le lien de parenté étroit qui lie les sous-espèces d’abeilles noires nord-européennes et nord-africaines, qui partagent de nombreuses caractéristiques extérieures, est donc facilement explicable.
Des études réalisées démontrent et confirment bien une parenté entre les abeilles Ibériques et celles du Maroc.

Apis Mellifera Mellifera est face à un immense espace de migration potentiel et forte de ses capacités d’hivernage elle ne cesse d’essaimer, en direction de l’ouest de l’Europe et de l’Asie Occidentale jusqu’à l’Oural.
Elle réalise ce qu’aucune autre espèce n’avait fait jusque-là.

La dernière glaciation date d’environ 10 000 ans. et les populations qui peuplent actuellement la région Ouest méditerranéenne sont directement issues des populations qui ont reconquis l’ère de répartition au départ de leur dernier refuge du nord de l’Espagne et du sud de la France.
Malgré cette relative jeunesse des populations actuelles, les abeilles noires se sont adaptées aux différentes conditions environnementales, mettant en place des populations locales qui montrent parfois des adaptations spécifiques à différents milieux.

Ainsi l’abeille noire des Cévennes se caractérise par des capacités naturelles de résistance et de sobriété acquises au cours de ces derniers 10.000 ans d’évolution dans ces montagnes.
Ces colonies d’abeilles noires des Cévennes ont survécu à l’état sauvage à une phase d’abandon partiel ou total des ruches troncs et sont les descendantes directes de ces abeilles rescapées de la dernière glaciation.
Elles présentent des capacités de résistance remarquables qui leur permettent d’affronter de façon autonome les rigueurs climatiques de ces régions Nord méditerranéens, caractérisés par des hivers rudes, des printemps tardifs suivis d’une courte période de floraison.
Ce qui fait d’elle en quelque sorte une « championne de l’évolution ».

Quant à l’abeille noire de Bretagne aussi appelée abeille Noire d’Ouessant, c’est une race pure d’un écotype local de l’Abeille Noire d’Europe occidentale ( Apis mellifera mellifera).
Elle provient initialement des Monts d’Arrée, région des Abers et la Roche Maurice, le berceau de race étant la Bretagne et les Pays de Loire.
Elle est d’une lignée de race pure, indemne du varroa (acarien) et de la loque américaine (bacille / couvain) et de toutes viroses.
Elle est caractérisée par une grande taille, un abdomen large et volumineux, des poils nombreux et longs (transport du pollen facilité dans les intempéries), une pigmentation sombre pour une meilleure absorption solaire et des ailes et muscles thoraciques puissants pour travailler dans le vent.
Elle a de nombreux atouts :
Capacités d’adaptation et rusticité : grand taille et accumulation importante de provision de graisse permettant de gérer la rigueur hivernale. Capacités de prospection de nourriture : jusqu’à 3 km de rayon.
Grande stabilité sur le cadre. Comportement doux et serein sur les îles, s’opposant à un caractère plus agressif sur le continent.
C’est grâce à un apiculteur amateur passionné, Georges Hellequin, qui en 1978 réintroduit les deux premières ruches sur Ouessant d’où elles avaient disparu pour une raison indéterminée.
Puis quelques pionniers, craignant l’arrivée imminente du varroa sur le continent, placent l’écotype local breton hors d’atteinte à Ouessant.
L’océan séparant l’île des côtes finistériennes de plus de 20 km, constitue une barrière infranchissable pour le prédateur et le seul isolat géographique possible dans la région.
En l’absence de cultures sur l’île, le rucher est aussi indemne de tout produit pesticide

Conclusion

Actuellement l’abeille souffre, et dans le monde l’alerte est donnée, mais sauront nous réagir à temps, quitte à perdre un peu de productivité et à éviter cette 6ème extinction massive que certains prédisent et dont l’homme serait la cause.
Einstein aurait dit :
Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre.
Il semblerait que ce soit faux, mais l’attribution de cette phrase à une telle personnalité a eu le mérite d’attirer l’attention du monde entier sur cette merveille de biotechnologie qu’est l’abeille et sur son sort et peut être sur le nôtre aussi.

Annexes


J’ai été malade et vous m’avez secouru. Bonne Vie ! A l’Avantage !

pucePlan du site puceContact puceEspace rédacteurs puce

RSS Valid XHTML 1.0 Strict

2014-2017 © Les Rogers Bontemps - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.52
Hébergeur : OVH