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Les musiques de la Nature

Bûche présentée lors de la vente du 21 avril 2018

Article mis en ligne le 6 mai 2018
dernière modification le 3 novembre 2018

par jeromebosch
1. Introduction 1
2. Les origines de la musique 2
3. Différentes approches de la musique en lien avec l’homme 3
4. La musique et la nature 4
5. Lien homme / nature : sans la musique de la nature y aurait-il eu la musique de l’homme ? 5
- en Amérique du sud et en Chine 6
- en Australie chez les Aborigènes 7
6. La musique de la nature et les fendeurs 9

1. Introduction

La musique accompagne les temps forts de nos travaux comme elle accompagne aussi les moments de nos vies, importants ou quotidiens. Et bien sûr, vous vous en doutez, comme pour tous les musiciens, elle rythme particulièrement la mienne, et celle des proches qui partagent leur vie avec moi.
J’ai envie aujourd’hui de partir à la rencontre de ce membre à part entière de notre chantier, pour réfléchir ensemble aux origines de la musique, et au rôle que la nature joue dans son existence.

Tout d’abord, de quoi parle-t-on ?

L’origine du mot Musique est grecque, c’est un dérivé du mot « muse » et le mot grec se traduit littéralement « art des muses ». Ainsi, la musique était « tout ce qui appartenait aux Muses ou en dépendait, et toute action qui apportait à l’esprit une sensation agréable et ordonnée ».

La mythologie raconte que les Muses qui sont au nombre de 9 sont nées sur les monts Piéria, près de l’Olympe. Les neuf Muses sont pleines de grâce et charment la nature. Elles sont musiciennes et jouent de la lyre pour apaiser les dieux. Elles sont souvent représentées accompagnées d’Apollon.

Chaque Muse représente et protège une forme d’art :
• Clio : l’histoire
• Thalia : la comédie
• Melpomène : la tragédie
• Terpsichore : la poésie lyrique et la danse
• Polymnie : la pantomime et la rhétorique
• Uranie : l’astronomie et l’astrologie
• Calliope : la poésie épique
Et enfin
• Euterpe : la muse de la musique, joueuse de flûte
• Erato : le chant nuptial

La musique peut être considérée de deux façon : soit elle existe par elle-même, dans la nature et par la nature, soit elle existe par le biais de la création humaine et par la perception humaine de la musique.

La musique a existé dans toutes les sociétés humaines, depuis la Préhistoire. Hier comme aujourd’hui, elle est à la fois une forme d’expression individuelle (notamment l’expression des sentiments), source de rassemblement collectif et de plaisir (fête, chant, danse) et symbole d’une communauté culturelle, nationale ou spirituelle (musique traditionnelle, musique folklorique, musique religieuse, musique militaire, etc.).

Elle est le fruit de la combinaison et de l’équilibre entre les sons et le silence. Sans le silence, pas de musique.

Dans l’antiquité, les Pythagoriciens la définissaient comme la science des sons. Pour eux la musique était « une combinaison harmonique des contraires, l’unification des multiples et l’accord des opposés ». Ils considéraient la science des sons comme l’une des quatre sciences de la mesure, supérieure aux mathématiques. Pythagore avait déduit que la hauteur d’un son, qui pour nous correspond à la fréquence, est inversement proportionnelle à la longueur de la corde d’un d’instrument et l’avait traduite en formule mathématique.

C’est une approche très moderne et actuelle de la musique, puisqu’aujourd’hui, nous savons que les sons sont composés de fréquences traduisibles de façon mathématique. Un son se propage dans l’air comme des vagues dans l’eau. Le haut de la vague représente une pression de l’air plus élevée et le creux de la vague, une pression plus basse. Le changement périodique de la pression de l’air produit le son dans nos oreilles. Le nombre de fois par seconde que cela se répète s’appelle la fréquence du son. Par exemple, un diapason en LA donne un son de fréquence 440. L’unité de fréquence est le hertz (Hz) et correspond à un battement par seconde.

2. Les origines de la musique

Il est difficile de dater, même approximativement, l’origine de la musique humaine. Le rythme et la mélodie y sont toujours présents et il est difficile de savoir lequel des deux fut le point de départ de cet art ancestral qui a pu se composer dès les origines de chants, battements de mains, choc de pierres ou de morceaux de bois. Homo habilis est apparu il y a 2,8 millions d’années et Homo Sapiens l’homme moderne est apparu il y a environ 300 000 ans. Nous pouvons penser que la musique a émergé et évolué avec eux.

On trouve encore des traces de nos jours de cette musique humaine originelle, dans des peuplades d’Afrique ou d’Amérique, et d’Australie. Les recherches archéologiques ont pu retrouver des traces d’utilisation d’instruments de musique remontant au moins à 35 000 ans (trous percés dans des instruments faits d’os ou d’argile) parfois associés à des instruments de chasse (tels les appeaux ou les rhombes formant un lasso lesté par une pierre taillée de forme oblongue).

La musique des hommes qui vivaient sur Terre à ces époques lointaines n’était certainement pas semblable à la nôtre, et devait être reliée à leur vie quotidienne et aux danses. Très certainement, ils dansaient et martelaient le sol avec les pieds pour accompagner leur musique, et inversement, ils accompagnaient leurs danses avec des rythmes et des musiques. Les hommes préhistoriques ont très probablement fait émerger la musique au cours de cérémonies rituelles associant gestes (fumigations, danses), mêlant de façon indissociable danse, musique et chant.

Leur musique devait exalter leurs sentiments « religieux » par des incantations destinées à agir sur les phénomènes que ces hommes ne pouvaient s’expliquer, comme le vent, le tonnerre, la maladie… Elle servait également à communiquer avec les esprits, apaiser les démons, entrer en communion avec les éléments.

Les phalanges sifflantes sont les premiers « instruments de musique » préhistoriques découverts par des archéologues en 1860, dans la grotte d’Aurignac. Ces phalanges perforées de renne, ressemblant à des sifflets en os troués, ont probablement été utilisés comme outils de chasse pour communiquer entre les membres d’un clan ou avec des loups apprivoisés, voire servir d’appeaux mais il est difficile de savoir s’ils pouvaient produire une mélodie et donc être véritablement qualifiés d’instruments de musique.

En septembre 2008, des chercheurs mettent au jour dans une grotte en Allemagne trois flûtes en ivoire de mammouth, en os de cygne et en os de vautour. Cette dernière est datée par la méthode du carbone 14 à plus de 35 000 ans, ce qui en fait le plus vieil instrument de musique découvert dans le monde, pour l’instant.

Des racleurs sont également retrouvés. Ce sont des instruments de différentes formes, mais ils ont pour points communs d’être taillés dans l’os ou le bois de cervidés et d’avoir le bord cranté régulièrement. Le son est produit par friction en frottant le bord du racleur avec une baguette de bois ou un os léger.

Si la manipulation d’une flûte reste assez compréhensible, l’utilisation d’une rhombe, par exemple, peut paraître étonnante. Et pourtant, dans ce dernier cas, c’est l’usage d’objets identiques par des tribus aborigènes actuelles qui a permis d’en comprendre le maniement. Sa sonorité rugissante a été comparée à celle du vent, du tonnerre, aux cris des dieux, des esprits ou des ancêtres intercesseurs entre le monde terrestre et le monde des esprits. On a retrouvé des modèles vieux de 17 000 à 25 000 ans selon les sources en Dordogne (dans la grotte de Lalinde) ou en Amazonie.

Devant des découvertes archéologiques de ce type il n’est pas forcément simple de déterminer l’utilisation musicale d’origine. Les instruments étant fabriqués à base des matériaux naturels disponibles pour l’homme, il est peu étonnant de ne pas en avoir découvert plus, car le temps les a fait disparaitre. Ce qui est frappant, c’est de retrouver des objets d’utilisation similaire dans des régions du globe très éloignées, rappelant dès cette époque le caractère universel de la musique.

La musique proprement dite, si l’on entend par là une organisation systématique d’un ensemble de production sonore à partir d’instruments divers, semble apparaitre lors de la civilisation sumérienne, soit environ 3000 av. J.-C., en Mésopotamie. De là elle s’est propagée en Égypte. Dans le même temps la Chine, la Perse et l’Inde ont aussi développé une musique particulière, se propageant en Grèce et en Occident. Plus tard, ce sont les religions qui ont exporté la musique, notamment le Christianisme et l’Islam, mais aussi de manière plus discrète, le Judaïsme ou le Bouddhisme.

Même la Bible a sa propre explication sur l’origine de la musique, qui serait céleste. Nous trouvons un passage dans le livre de Job, chapitre 38 verset 1 à 11 où Dieu explique à Job qu’Il a créé la terre, qu’Il en a fixé les mesures et que pendant ce temps, une chorale céleste chantait des chants de triomphe.

Nous avons ainsi pu voir que la musique évolue avec l’Homme. Cela nous amène à nous demander si elle est vraiment est le propre de l’homme ou pas.

3. Différentes approches de la musique en lien avec l’homme

La musique est-elle innée, ou fruit d’une transmission culturelle et sociale ?
Pour beaucoup, la musique serait propre à l’humain. Un débat existe pourtant sur le caractère inné ou acquis de la « compétence musicale » chez l’Homme.
Compétence « culturelle » acquise grâce à l’apprentissage ?
De nombreux animaux chantent instinctivement des mélodies avec leurs chants, et réalisent des rythmiques avec leur cris. Cette rythmique du langage et du chant existerait ainsi chez les primates et chez les oiseaux, constituant ainsi les outils leur permettant de communiquer.

Chez l’humain comme chez les animaux, le langage se développe au contact du groupe, par mimétisme et par l’acquisition d’un savoir. Cela montre bien le rôle essentiel de l’apprentissage dans la pratique de la musique, entrant dans un modèle social et un mode d’organisation sociétal de l’espèce concernée. C’est un phénomène qui parait plus développé chez l’être humain, où celui qui détient le savoir le transmet au groupe, et pour cela, la capacité de créativité est également fortement mobilisée.

Nous constatons aussi que les musiciens professionnels pratiquant à « haut niveau » atteignent ce niveau après un long apprentissage. Ce qui parait si facile a nécessité des heures et des heures de travail. D’ailleurs, plus cela a l’air facile, et plus il a de travail derrière.
Compétence « biologique » innée ?
La pratique de la musique semble être un « fait culturel » très ancien, mais 96 % des humains présenteraient des capacités musicales jugées « spontanées » par les neuropsychologues.
Au-delà des aspects neurologiques de l’émission et de l’audition de la voix et du chant, le cerveau animal (des mammifères et oiseaux notamment) montre des compétences innées en termes de rythme, qui sont notamment mobilisées et utilisées pour le langage.

L’imagerie cérébrale montre que la musique active certaines zones de plaisir du cerveau et presque tous les humains peuvent presque spontanément chanter et danser sur de la musique ce qui peut évoquer des bases biologiques et encourager une théorie de la « biomusicologie ».
Certains chercheurs vont jusqu’à évoquer une « origine animale » à la musique et fruit de compétences innées pour les animaux.

La musique est aussi un créateur de lien social et un langage universel
La musique est universellement appréciée au sein de l’humanité, depuis 35 000 ans au moins comme nous l’avons vu, et la musique d’une culture peut être appréciée d’une autre culture dont le langage est très différent. Elle est même un langage à parte entière avec ses codes et ses repères. Deux musiciens ne parlant pas la même langue pourront sans problème jouer ensemble de la musique. De plus en plus élaborée, elle est même considérée comme un art depuis l’antiquité.
Pour Claude Debussy, « la musique commence là où la parole est impuissante à exprimer »

Si la musique produit des effets sur les groupes, c’est parce que dès qu’on entend une mélodie, on peut s’y associer et se mettre à chanter ou à danser. Le lien est fort entre la danse et la musique. Ainsi, le rythme d’une mélodie peut servir de ciment social en tissant un lien physique, et être ainsi le fondement d’un lien culturel et d’un sentiment d’appartenance.

La musique contribuerait ainsi à tisser des liens sociaux à des niveaux très différents : entre les parents et les enfants avec les chants et comptines, les groupes branchés du moment pour les adolescents et les adultes, et un hymne à l’échelle d’un groupe restreint ou très large.

Dans les sociétés humaines, la musique détient donc un rôle essentiel, tant sur le plan artistique que sur le plan social. Elle est
-  Liée à un apprentissage venant canaliser et amplifier les capacités à faire de la musique qui sont innées chez les animaux
-  Un moyen de s’exprimer et de tisser un lien social entre les hommes

4. La musique et la nature

La nature détient sa propre musique, certes elle n’est pas organisée comme l’est une œuvre de musique humaine. Mais rappelons-nous que la musique traditionnelle est née et se diffusait par transmission orale, et possédait des formes très différentes que celles utilisées majoritairement aujourd’hui. Rien n’était écrit et la part laissée à l’improvisation faisait partie de l’interprétation.

Dans la nature, la musique est permanente. La forêt dans laquelle nous travaillons nous offre un concert à ciel ouvert quel que soit les moments du jour ou de la nuit, si nous savons tendre l’oreille.

Nous y retrouvons la présence sonore des différents éléments qui sont sous chers.

Le Vent nous offre le bruissement des feuilles, un chant qui peut créer comme des voix dans les arbres, et des grincements quand ils s’agitent
L’Eau nous offre le murmure d’un ruisseau qui courre, le clapotis de la pluie sur les feuilles
La Terre nous offre le craquement des branches qui se cassent, la chute des fruits qui tombent sur le sol.
Le feu nous offre le grondement du tonnerre lorsqu’un éclair déchire le ciel et ébranle la terre.
Les animaux contribuent à ce concert universel, qui évolue tout au long de la journée, de la nuit, au fil des saisons, et qui a émergé naturellement avec la vie sur terre.
Nous y retrouvons le chant des insectes qui nous offre le doux bourdonnement des abeilles, bourdons et insectes, la symbalisation des cigales, le vol strident des moustiques, le stridulement des grillons…
Le langage des animaux de la forêt et leurs modes de communication sont emprunts de mystère pour l’oreille humaine. Ils contribuent à cette musique naturelle, avec leurs cris, les bruits liés à leurs déplacements et étapes de leurs vie (comme l’entrechoquement des bois des cerfs qui se battent, l’écureuil qui grignote ses noisettes, le chant des grenouilles, le cris des loups…)
Le chant et les cris des oiseaux vient créer un fond musical extraordinairement diversifié, et magnifique. C’est ce qui est le plus musical à notre oreille humaine, dont certains chants très emblématiques de la forêt (chant du coucou, hululement de la chouette).

Certains oiseaux se spécialisent dans le domaine des percussions, comme le pic vert par exemple, avec le bruit de son bec sur les troncs d’arbre.
Dans la forêt, les bruits se font échos, et il est compliqué d’en évaluer la distance, faisant d’elle à la fois un lieu de mystères et de danger pour l’inconscient collectif humain.

5. Lien homme / nature : sans la musique de la nature y aurait-il eu la musique de l’homme ?

Sans cette musique de la nature, l’homme aurait-il eu l’idée de faire de la musique lui-même ? Tout d’abord, la nature a permis l’émergence des instruments de musique, aux origines réalisés avec ce que trouvaient les hommes pour les fabriquer.

La nature a fourni les matériaux permettant à l’homme de créer des instruments, puis elle a inspiré l’homme dans les mélodies et les rythmes, et enfin l’imagination de l’homme a fait le reste.

La musique dès les origines joue un rôle d’épanouissement de l’âme et un rôle mystique très important, au-delà de son rôle social.

Ainsi, quand l’homme des origines faisait de la musique, il se mettait en connexion avec le monde des esprits et des dieux. Aux origines, l’homme entendait peut-être les esprits et pouvait entrer en connexion avec eux. Ce lien avec la nature et les esprits a pu guider l’homme dans sa pratique de la musique, et lui donner une dimension et un sens fortement spirituel et mystique.

Par le biais de la musique,

L’homme communique avec la nature par les sons, la musique permet ainsi d’entrer en transe, de se mettre dans un état qui favorise cette communication avec les esprits, et les dieux, et de mobiliser leurs pouvoirs. Elle permet aussi de communiquer avec les éléments et de faire de l’homme un lien entre la terre et le ciel. Le son monte de la terre, par l’homme posé sur le sol et s’élève vers le ciel. Comme l’arbre, de ses racines jusqu’à ses branches.

L’homme célèbre la nature avec son corps, il chante et danse, et la musique lui permet de réaliser cette danse en harmonie avec la nature. La musique est donc intimement liée à la vie quotidienne, présente lors des fêtes et célébrations, accompagnant la danse et les renforçant les mouvements des hommes, pour les guider et leur donner de l’harmonie.

Je ressens fortement ces sources de la musique pour l’homme :
-  La musique qui rythme les mouvements et les danses, et les danses qui guident l’’exécution de la musique, jouant un rôle social important au moment des évènements de la vie des premiers hommes.
-  La musique qui permet d’entrer dans un autre état de conscience tout en restant immobile par le corps et mobile par l’esprit, et qui permet la communication avec le monde de l’invisible et des esprits.

Les origines de la musique sont donc entremêlées au rythme dont les hommes ont eu besoin pour accompagner leurs danses, cérémonies, rituels, que l’homme aurait fait évoluer et complété avec des instruments plus élaborés, en s’inspirant des bruits de la nature, en les copiant, et en créant ensuite sa propre musique.

Dans cette union entre son et mouvement, la nature inspire l’homme, il l’a copiée et il a créé son propre système musical. Elle lui fournit les matériaux dont il a besoin pour créer ses instruments. Sans les éléments et chants de la nature et des animaux, la musique des hommes probablement pas pu voir le jour, ou alors elle aurait été bien différente.

Il y a beaucoup de témoignages de ces liens qui sont parvenus jusqu’à nous, qui sont en danger car les peuples qui les pratiquent disparaissent peu à peu avec la progression de la technologie. Voici quelques exemples de ce qui nous est parvenu, du fond des âges.

- en Amérique du sud et en Chine

Il existe un ancien instrument commun à ces deux régions du globe, l’ocarina. Il semblerait que l’ocarina ait été implanté au sein de nombreuses cultures il y a 12 000 ans au néolithique (9000 ans avant JC) en Chine et dans les cultures meso-américaines. Il appartient à la famille des flutes, d’où l’appellation de flute globulaire pour le désigner. Ceux qui nous sont parvenus grâce aux fouilles archéologiques sont fabriqués en terre cuite, mais aussi avec des matériaux naturels comme des ossements et la pierre.

Xun Flute globulaire sud-américaine

En chine, il s’appelle le Xun 埙 . A l’origine, il devait avant tout servir à imiter des cris d’oiseaux ou de petits animaux. Le Xun fait partie de la catégorie des instruments de musique chinois fabriqués en argile. Il est généralement de forme ovale et ressemble à un œuf. La surface lisse est parsemée de trous (entre 3 et 9 trous). La taille, la couleur et le nombre de trous sur les Xun varie beaucoup selon l’époque. Le plus petit tient dans la paume de la main. Sous la dynastie Shang (1766 avant JC) la taille des Xun variaient entre 5 à 8 cm. On retrouve des indices de son utilisation au moins à 7000 ans avant notre ère.

Aux origines en Amérique du sud, il était de forme globulaire et possédait généralement 6 trous. Il était utilisé chez les Incas et les Mayas. Son utilisation reste mystérieuse même s’il semble bien qu’il était associé à des activités cultuelles.
Les flûtes globulaires font encore partie des instruments de musique produits aujourd’hui en Amérique latine. Dans l’actuel Pérou, il a pris une forme ovoïde (en forme d’œuf). En 1527, une troupe de musiciens danseurs a été emmenée pour jouer devant le roi Charles Quint qui trouva cela fabuleux. Cette troupe a ensuite fait des démonstrations dans toute l’Europe. À Rome, un boulanger a adoré le son de l’ocarina et il décida de s’en fabriquer un (à l’époque, les boulangers faisaient des petits objets en terre cuite dans leurs fourneaux pour ne pas gaspiller le reste des cendres encore chaudes). Et il créa l’ocarina, joué par des enfants. Puis Giuseppe Donati, un jeune musicien et boulanger, créa l’ocarina à 10 trous puis à 12 trous, en 1860. Il est depuis considéré comme un instrument de musique et non plus comme un jouet. Giuseppe le nomma « ocarina » qui signifie « petite oie » car la forme qu’il avait créée ressemblait ainsi à une oie.
Cet instrument étonnant fait ainsi partie de ceux qui ont traversé le temps et sont toujours utilisés aujourd’hui. Aujourd’hui, de nombreux céramistes fabriquent des flûtes globulaires de formes variées qu’ils baptisent le plus souvent ocarinas tant ce terme est passé dans le vocabulaire commun pour désigner par extension toutes les flûtes globulaires.
Son utilisation dans Albator, dessin animé japonais, et dans Zelda, jeu vidéo incontournable, l’ont rendu célèbre.
Extrait musical
Ocarina seul
https://www.youtube.com/watch?v=m8iGFT1ZFoY

- en Australie chez les Aborigènes

La musique aborigène d’Australie est instrumentale et vocale. Un grand nombre de groupes d’Australiens croient que les chansons permettent à leurs interprètes de faire appel aux pouvoirs surnaturels déposés jadis dans le sol par des ancêtres sacrés. Les chanteurs peuvent accéder à ce pouvoir seulement si leur interprétation de la chanson est correcte et précise. Comme ce pouvoir peut être utilisé aussi bien pour le mal que pour le bien, l’enseignement de ces chansons puissantes est réalisé auprès des jeunes garçons pendant leur période d’initiation, et des gammes variées d’instruments peuvent les accompagner. Le plus souvent, ce sont des instruments en bois, en écorce, en bambou, en cosses de graines et en peaux de poissons ou de reptiles.

Le didgeridoo est unanimement reconnu comme l’un des plus vieux instruments à vent au monde encore joué de nos jours.

C’est un instrument de musique à vent en forme de tube de la famille des cuivres, bien qu’il soit en bois, pouvant mesurer jusqu’à 180 cm. Cet instrument est joué par les Aborigènes du Nord de l’Australie, son usage pourrait remonter à l’âge de la pierre (au moins 20 000 ans avant JC), d’après une peinture rupestre représentant un joueur de didgeridoo, analysée au carbone 14. C’est une trompe en bois, lointaine cousine du cor des Alpes ou du tongqin tibétain. Il est réalisé en eucalyptus : les termites évident le tronc de l’arbre d’eucalyptus sur toute sa longueur en se nourrissant de la sève, et ce tronc est ensuite transformé en instrument par le savoir-faire des Aborigènes.

Une des particularités du didgeridoo réside dans le fait que les joueurs utilisent la technique dite du souffle continu ou respiration circulaire. Celle-ci permet de maintenir un souffle d’air constant permettant de jouer sans s’arrêter, même lors de l’inspiration.

Le son de base, le bourdon, est produit par une vibration monotone des lèvres sur l’embouchure. Les aborigènes prononcent, sur ce son fondamental, des mots ou des onomatopées qui imitent le cri des animaux qui peuplent leur univers spirituel (chants d’oiseaux, coassement des grenouilles, chiens sauvages…) ou le son des objets usuels (boomerang). C’est une manière de s’approprier leur voix et leurs pouvoirs.

Le didgeridoo n’a pas de piston, pas de cordes, pas de trous hormis ses deux orifices naturels, pas d’anches… Le didgeridoo est un amplificateur, le corps et l’instrument ne font qu’un. Le fait d’être joué avec cette technique de son continue en fait un instrument très puissant et mystique, il nécessite d’entrer dans un état de grande concentration. Il est une extension du corps du musicien, et fait du souffle son élément fondamental.

Je trouve cet instrument qui a traversé les âges marquant par sa simplicité et par l’utilisation de la nature par l’homme. Les notes réalisées imitent les cris des animaux. Il illustre parfaitement cette union entre la nature, la forêt et la musique, par l’astuce des hommes qui vécurent au matin de l’humanité et qui ont su utiliser les ressources naturelles que leur a transmis Mère nature.

Une légende aborigène raconte l’origine de cet instrument :

« Au commencement, tout était froid et sombre. Lorsque Mère-Terre n’était encore qu’une enfant fragile et dépendante de la bienveillance des Temps du Rêve, le monde flottait dans une émanation froide, au milieu d’épaisses ténèbres.
L’homme Bur Buk Boon façonné en argile ocre avec les premiers hommes mis sur la terre parcourait les longues plaines du bush en tous sens et partait de longs moments à la recherche de bois mort. Il assemblait son précieux chargement en fagot, le chargeait sur son dos et le ramenait à son campement. Un soir, il était en train de préparer du bois pour le feu afin d’apporter protection, chaleur et lumière à sa famille, bourgeons de l’humanité à venir. Bur Buk Boon nourrissait son feu tant qu’il le pouvait, jetant jusqu’au moindre rameau et jusqu’à la plus petite parcelle d’écorce, soucieux de ne pas gâcher ce qu’il mettait tant de peine et de temps à ramasser.
Bur Buk Boon remarqua soudain qu’une bûche était creuse et qu’une famille de termites grignotait le bois tendre du centre de la bûche. Ne voulant pas blesser les termites, Bur Buk Boon porta la bûche creuse à sa bouche et commença à souffler.
Les termites furent alors projetés avec douceur dans le ciel nocturne désespérément vide et s’élevèrent de plus en haut, jusqu’à gratter la voute céleste de leurs pattes. Ils se mirent à luire d’un éclat intense puis se figèrent sur place, formèrent les étoiles et la Voie lactée, illuminant le paysage.
Et pour la première fois le son du didgeridoo bénit la Terre-Mère, la protégeant elle et tous les esprits du Temps du rêve, avec ce son vibrant pour l’éternité. »

Extraits musicaux
Didjeridoo seul
https://www.youtube.com/watch?v=yG9ZX1FS20A
Didjeridoo + chant : Collectage à orruwuy nord est Australie
https://www.youtube.com/watch?v=A5Oa7pK7Oo0

Ainsi,
Ces deux exemples parmi tant d’autres nous rappellent la grande richesse et inventivité des hommes dans la création des instruments de musique, comme ils pouvaient le faire dans la création d’outils quotidiens. L’un d’eux nous montre les points communs entre des peuples trop éloignés pour communiquer, mais ayant réalisé des objets similaires. Comme s’ils étaient connectés par des liens invisibles, même situés aux antipodes les uns des autres.

6. La musique de la nature et les fendeurs

La musique fait écho à des valeurs qui sont chères aux fendeurs.
• Travail et persévérance
• Apprentissage et transmission
• Partage et solidarité
• Donner et recevoir

La musique fait aussi écho aux 4 éléments qui nous entourent, et qui veillent sur nos travaux. Elle nous amène à l’écoute de l’autre, à l’ouveture au monde.

Elle connecte tant celui qui écoute que le musicien avec lui-même et avec ses sensations, ses émotions ; nous rappelant ainsi l’importance du sentiment dans son interprétation et dans sa réception. Nous constatons qu’une la musique jouée de façon mécanique, sans sentiments et sans nuance sera fade, même si son interprétation est parfaite.
Nous pouvons en tirer l’apprentissage qu’il ne faut pas seulement rechercher la perfection dans nos actions, mais aussi la justesse du moment, du ressenti, avec la beauté de ses imperfections.

Elle nous rappelle qu’il faut savoir laisser une place à l’imprévu, l’improvisation fait partie de la musique et de la vie, c’est même l’une des grandes caractéristiques de la vie.

La musique apporte beaucoup à un musicien. Il faut travailler pour arriver à un résultat. Le plus beau pour moi sont les moments où je joue avec d’autres musiciens, et où nous parvenons à créer une harmonie. Et les moments où je constate que j’ai déclenché une émotion pour ceux qui écoutent.

La musique permet d’exprimer les émotions, même sans instrument, lorsque je chante et que mon corps devient un instrument à part entière. Elle me permet aussi de créer, de passer des message lorsqu’une chanson nait de mon imagination, elle apparait d’elle-même et je lui donne vie. C’est une thérapie et une source de bien-être. Parfois aussi de détresse lorsque le travail ne permet pas d’aboutir au résultat attendu, moments qui appellent l’humilité.

Lorsque l’homme joue de la musique, il se sent sens relié au monde et mêle son petit bout d’âme à son immensité.

J’ai commencé ce travail avec l’intention de mettre la nature et la forêt à son centre. Et l’homme est venu y prendre finalement une part importante. Tous simplement parce que l’homme fait lui-même partie intégrante de la musique de la nature.

Ainsi, la nature nous berce et nous enveloppe de ses bras protecteurs, en nous faisant partager sa musique et en nous y intégrant. Elle nous a fait un don extraordinaire que nos capacités humaines nous ont permis d’imiter, puis de créer notre propre musique. Faire de la musique, et l’écouter, c’est se mettre en relation avec notre être profond et primal, cet « homme des origines » qui sommeille en chacun de nous et qui savait écouter et entendre les chants de la terre.

Magali C.


J’ai été malade et vous m’avez secouru. Bonne Vie ! A l’Avantage !

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